Mardi 9 octobre 2012

Le corps de Rémy Lecluse a été retrouvé le dimanche 30 septembre. Emporté à environ 600 m du camp n° 3, il a été extrait d’une crevasse par une équipe de sherpas. Rapatrié en France, il a été enterré ce lundi 8 octobre dans la commune de Servoz où il vivait avec son épouse Carine.
Rémy, nous te remercions pour ton amitié, ta sympathie, ton professionnalisme. Ton enthousiasme et tes yeux pétillants lorsque tu nous parlais de tes réalisations et de tes projets nous manquent déjà.
Rémy est de ceux qui n’ont jamais fait semblant, sa passion était forte, sincère et authentique, elle l’a accompagné jusqu’au bout.

Adieu Rémy, nous ne t’oublierons jamais.

Lundi 24 septembre 2012

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le drame de l’avalanche du Manaslu qui a surpris nos camarades pendant leur sommeil.

Rémy Lecluse, avec Glen Plake et Gregory Costa, étaient partis gravir ensemble le Manaslu sans oxygène pour ensuite le redescendre à ski. C’était pour Rémy le défi d’une nouvelle première, le Manaslu n’ayant jamais été descendu à ski sans oxygène. Installés au camp 3 à environ 7000 mètres d’altitude avec de nombreux autres alpinistes, ils ont été fauchés par une énorme avalanche, provoquée par la chute d’un sérac, qui a enseveli le campement. Plusieurs personnes sont décédées, d’autres sont portées disparues dont Rémy et Grégory. Glen est un de ceux qui ont miraculeusement survécu et nous aimerions croire en d’autres miracles.Toutes nos pensées vont vers leurs familles et tout particulièrement vers Carine, l’épouse de Rémy.

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G

Je suis un skieur et un alpiniste, au sens du Larousse 1922 : « touriste qui aime les montagnes ». Je vis, je pense, je respire ski de montagne. Depuis vingt huit ans, la découverte de nouvelles pentes raides à travers les montagnes du monde est mon leitmotiv. Des Alpes à l’Himalaya, en passant par la Norvège, les Andes, le Haut-Atlas, la recherche de belles lignes raides et engagées à skier est mon quotidien. Cette pratique est pour moi synonyme de la plus belle des libertés : être seul en montagne ! Installé dans la vallée de Chamonix, je partage cette passion depuis vingt trois années en tant que guide de haute montagne. Depuis vingt ans je suis un « aficionado » des outils Grivel et membre de l’équipe depuis huit ans : ils ont toujours été des « compagnons » fidèles et efficaces de mes virées à skis. (Site de Rémy)


Le Manaslu est le huitième plus haut sommet du monde : août 2012
Rémy Lecluse au Manaslu, 8ème plus haut sommet du monde, au jour le jour …

04/09/2012 ; 06/09/2012 ; 12/09/2012 ; 13/09/2012 ; 17/09/2012 ; 19/09/2012
21/09/2012

Valle di Cogne- La Grivola 3969 m – Mai 2012
Pente SE – 570 m circa – Difficulté : 5.3 E4 (pentes à 45°/50° bien expo)

Type d’itinéraire
Depart : Valnontey
Altitude de départ : 1667 m
Altitude top : 3969 m
D+ : 2302 m (1er jour: 912 m; 2ème jour: 1484 m avec la remontée au retour sur la Rossa)
Exposition (géographiques) descente : Sud Est
Premiere descente : Boris Dufour et Rémy Lécluse le 14 Mai 2012

Cartes : Valsavarenche Gran Paradiso 9 ou Valle di Cogne 10 l’Escursionnista editore

Bibliographie
Accès routier : Cogne et Valnontey
Refuge ou Gite : Rifugio Vittorio Sella 2579 m, bivacco Gratton 3198 m.
Point d’observation : Punta Rossa 3630 m
D’autres possibilités dans le domaine : Face NE Grivola

Description de l’itinéraire
Du refuge Vittorio Sella suivre le vallon du Lauson sur la rive Gauche, vers 2786 m se diriger vers le NW afin de remonter un petit couloir donnant accès au rebord SE du plateau de la Rossa 3094 m. De là, partir au NE pour rejoindre le col de la Rossa 3195 m.
Par des pentes de neige soutenues, rejoindre en traversée ascendante au N, l’épaule 3494 m de la Rossa. Belle vue sur la Face SE depuis ce point. Traverser en descente à l’W pour rejoindre le pied de la face 3400m. 4 heures
La face est composée de deux couloirs à l’aplomb du sommet, séparés par un éperon rocheux.
Gravir le couloir de gauche, petites étroitures rocheuses à la base, pour venir buter contre les rochers au sommet du couloir. Traverser à droite par des bandes de neige pour prendre pied dans le couloir de droite. De là, suivre les pentes évidentes qui mènent à la croix sommitale. 2 à 3 heures.
Suivre le même itinéraire à la descente. Lors de la première, petit rappel de 5 m dans une étroiture rocheuse au pied de la face.

Notes sur la descente et sur le parcours
Boris écrit et photographie. Il surfe et il skie.
Cet hiver, nous étions en contact pour un projet d’article sur ma pratique professionnelle en ski de pentes raides. Il s’est joint à l’un de mes stages afin de voir ce qui se passait.
Un autre volet de son projet d’article concerne ma pratique plus personnelle qui est la recherche de nouveaux itinéraires.

Après pas mal de soirées d’Avril passées à scruter les cartes météo et ne voir que de la pluie ou des nuages, suivi par une bonne canicule ; le ciel semble enfin nous sourire en cette mi mai 2012 !
Les 12 et 13 mai sont maussades mais le 14 semble être tip top !
Beau temps avec un isotherme zéro assez bas, cependant le vent de N pourrait être un peu fort…
Après annulation de mon week-end de boulot pour cause météo, je téléphone à Boris pour lui proposer un projet à la Grivola.
Les faces NO et NE ont été skiées en 1979 et 1980 par Stephano De Benedetti.
La face SE (la voie normale) est toujours vierge.
Amoureux du massif du Grand Paradis, je ne suis jamais allé au sommet de la Grivola.
Réussir cette descente serait une belle façon de combler cette lacune.
Le dimanche après midi nous montons au refuge Vittorio Sella, non gardé, au milieu des troupeaux de chamois et bouquetins.

Deux heures du mat’, le réveil sonne bien trop tôt !
Le regel de la neige est excellent, après quatre heures de peaux, nous passons la rimaye au lever du soleil.

La face nous semble en condition bien qu’un peu « maigre » en neige, il va falloir « gratouiller » un peu le caillou avec les skis sur quelques passages.

Pendant l’ascension, nous traversons l’éperon central qui divise la face en deux couloirs, la traversée facile à pieds, sera probablement plus délicate à skis.
Vers neuf heures nous chaussons nos skis et attaquons la descente.
Boris et moi, nous nous photographions mutuellement, enfin surtout Boris!
Il a la lourde charge de faire un « reportage » photo et ce n’est pas simple de devoir se concentrer tour à tour sur les images et le ski, ce qu’il réussit à merveille.
Le petit vent bien frais de NE ne permet pas un bon dégel de la neige et c’est sur une surface bien ferme que nous bouclons nos virages.
Le saupoudrage de neige (un demi-centimètre) permet une bonne accroche.
A la descente, je recherche un passage plus facile que celui emprunté à la montée pour traverser l’éperon qui divise la face en deux. C’est chose faite assez rapidement : une vague rampe, nous permet de traverser d’une pente à l’autre en douceur !
Malheureusement, nous rappelons sur la corde un petit étranglement dans les rochers du bas, cinq mètres tout au plus.
Une petite remontée en peaux nous permet d’accéder à la descente de la Rossa qui nous amène au refuge Vittorio Sella. La neige de printemps est simplement parfaite : un régal.
En rédigeant ce compte rendu, j’apprends que mon ami Davide Capozzi en snowboard accompagné à skis par Luca Rolli et Francesco Civra Dano, le même jour à la même heure, a descendu la face NE de la Grivola, ce qui est aussi une première!

Merci à Adidas Eyewear, Arc’teryx, Dynastar, Grivel et Scarpa
Rémy Lécluse


Pointe de la Lune ou Punta di Ceresole, 3777m – Massif du Grand Paradis
Couloir Sud Est, 1ère descente à skis le 20 Novembre 2011 par Rémy Lécluse et Glen Plake – 600 mètres. 40 à 45° avec plusieurs passages autour de 50° 5.2 E3

« On a skié sur la Lune… »

Lors d’une sortie à ski dans le val di Piantonetto, j’avais repéré ce couloir à la pointe de la Lune. Celle-ci est située sur la cresta Gastaldi ou arête Est du Grand Paradis.
L’accès un « chouïa » long se fait par le versant piémontais du massif : le val d’Orco.
Ces dernières semaines, lors des épisodes de foehn à Chamonix, j’ai passé pas mal de temps à observer sur le web la répartition et l’intensité des précipitations chez nos voisins italiens.Quelques sorties à skis vers Cervinia, me confortèrent dans mon analyse : le val d’Aoste n’a reçu qu’assez peu de neige, protégé par un petit effet foehn sur la crête principale du Grand Paradis.

Par contre, le versant piémontais a subit d’abondantes précipitations.
Après un petit échauffement pente raide en Vanoise, j’envoie un texto à Glen : « je pars demain pour essayer une nouvelle pente dans le Grand Paradis ; tu viens ? » Réponse : « yes ! »
Nous choisissons un chemin détourné pour accéder au bivouac Ivrea situé au pied de la Pointe de la Lune : moins de portage (le chemin normal pour le bivouac nous impose au moins trois heures de marche skis sur le sac) et plus de ski.

Nous montons par la route au barrage de Teleccio dans le val Piantonetto jusqu’à 1917 mètres ce qui raccourcit le portage : la limite de la neige skiable étant à 2200 mètres en ces versants Sud.Nous passons par le refuge Pontese, où nous troquons les chaussures de marches pour les peaux de phoques. Ensuite nous gravissons le col del Becchi à 2989 m avant de savourer les virages en poudre dans la descente sur le bivouac Ivrea !!!Les conditions de neiges sont simplement fabuleuses : les pentes raides ensoleillées sont croutées mais tout le reste est une couche de vingt à trente centimètres de poudreuse immaculée et posée sur une bonne petite sous couche bien ferme !Le bivouac Ivrea est un demi-tonneau jaune au milieu d’une vaste combe. Après une soirée « gastronomique » à base de sachets de bouffe lyophilisée, nous passons une nuit douillette dans notre havre. Réveil à six heures, décollage à sept, rimaye à huit, sommet du couloir à neuf et demie : nous ne trainons pas trop malgré la trace à faire. Il faut dire qu’une moitié du couloir est en neige transformée et le temps nous est compté pour pouvoir le skier en bonne neige bien revenue.

Seul un court déchaussage des skis vient interrompre une descente sans ombre au tableau : les virages sur la partie gauche de la pente sont en neige de printemps bien ramollie, sur la droite une bonne poudre bien sympa accueille nos ébats! La pente n’est pas très soutenue, le plus souvent autour des 40 à 45° avec quelques sections autour des 50°.

La dernière pente avant la cheminée que nous désescaladons est particulièrement belle, raide et suspendue sur une barre rocheuse : l’ambiance « pente raide » est au rendez vous ! Suit une longue descente en poudre jusqu’au bivouac, où nous récupérons nos affaires avant une heure de montée au col del Becchi. La descente qui suit est fantasmagorique : nous slalomons dans des champignons de poudreuse formés par les blocs rocheux recouverts de neige. Les cent derniers mètres sont intéressants : une bonne petite croûte rend la fin de descente un tantinet sportive. De retour au refuge Pontese après presque deux mille mètres de descente en poudreuse (en deux jours), nous retrouvons nos plus fidèles compagnons de cette randonnée : les chamois.

Piz Scerscen 3971m, Alpes Réthiques, Massif de la Bernina
Première descente à skis du couloir Sud Ouest le 29 Mai 2011 par Rémy Lécluse.
800 mètres 5.3 (5.4 ?) E4 45/50° soutenus avec une grande exposition, une main courante de 4/5 mètres pour franchir un ressaut mixte à la descente. Ambiance d’enfer !
Ce couloir est un peu caché, je l’avais découvert lors d’une traversée du Massif de la Bernina. L’accès est toujours un peu long et détourné. Depuis la cabane Coaz en Engadine, c’est plat et interminable, depuis Campo Moro dans le Valmalenco, c’est un parcours en montagnes russes et un accès difficilement fréquentable avec de la neige sur certaines portions du chemin. Course typique de fin de saison où il faut accepter de porter un peu lourd.
Seul au rifugio Marinelli i Bombardieri 2813 m, je m’offre le luxe d’un diner en terrasse au soleil couchant !
Grasse mat, vu l’orientation de la « bête », je ne suis pas trop stressé par l’horaire …
A 9 heures, je suis sous le sommet du Piz Scerscen, à 3940 m, les derniers 30 mètres sont une arête rocheuse, peu propice au ski.
Un petit vent du N me chasse, je commence à skier l’arête coté Sud, petite neige plaquée par le vent. Je suis un peu tendu : une petite plaque qui vous part dans les pates et c’est un joli saut de 800 mètres …
Au sommet du couloir, j’attends 2 bonnes heures que cela ramollisse un peu tout en profitant d’une belle vue sur la face Nord du Piz rozeg où est mort Heini Holzer (pionnier de la pente raide).
J’attaque le ski vers 11h30 sur de la neige bien béton mais les rochers qui dominent en rive droite, sont plein Sud : le dégel a commencé son travail, boules de neiges et glaçons bombardent régulièrement le couloir Sud Ouest.
Le fond du couloir est impraticable : une jolie goulotte bien glacée est formée par les coulées de neige des jours passés.
Il faut skier les contrepentes, ca tourne dans du bon 50° soutenu avec quelques passages plus raides. J’alterne le ski sur la rive gauche où la neige est « béton » et la rive droite où la neige commence à revenir en surface. La traversée de la goulotte est parfois assez tactique : il faut gérer la glace et les chutes de glaçons et de neige qui la parcourent.

Le passage clé est un petit ressaut mixte, à la montée, j’ai planté un piton et à la descente : je pose une petite main courante de 4/5 mètres afin de me protéger dans le passage en glace et rocher.
La neige devient plus douce à skier en perdant de l’altitude : le soleil a travaillé plus longtemps sur la surface. La dernière grande pente est avalée en quelques grandes courbes bien décontractées.
Il me faudra 3 heures pour rejoindre ma voiture, avec le cumul de montées /descentes : je déchausse mes skis à 2300m d’altitude après 1700 mètres de grand ski et la tête dans un joli petit nuage!
Je viens de réaliser une toute belle descente !
Rémy Lécluse
Merci à Dynastar et Grivel France.

Grand Paradis
Les Apôtres 3692 mètres
1ère descente à ski du Couloir ENE 5.2 E3 700m de la «Testa Paganini 3585 m» le 06/04/2011, par Matthew Armstrong, Hammish Creber et Rémy Lécluse.

Matthew et Hammish sont de retour pour un stage pente raide, perfectionnement cette fois-ci.

La semaine précédente, j’avais repéré depuis la Torre di Lavina un joli couloir entre les Torre di San Andrea et di San Orso aux Apôtres …
Idéal, pas trop facile ni trop difficile, pour ces deux stagiaires sur-motivés : je dois pouvoir leur faire vivre une belle aventure.

Le premier jour, nous remontons le vallon de Valeille depuis le paisible village de Lillaz, en amont de Cogne. Ce vallon est très parcouru par les glaciairistes en hiver et un peu par les skieurs qui font le tour du Grand Paradis. Les 3h30 de montée sur neige bien gelée nous conduisent au bivouac Antoldi-Malvezzi : dix places tout confort !
Grasse matinée …. jusqu’à trois heures du matin et c’est parti ! Ascension sans soucis majeur, nous attendons une bonne heure au sommet que cela décaille dans la pente. Nous passons le mixte sommital avec dix mètres de corde.

Les difficultés sont au sommet, mixte un peu raide (55/55°), nous sortons dix mètres de corde ; suivie d’une pente bien soutenue dans les 50° et pour finir avec une longue pente à 45° puis 40°.
Pour faire court : de la neige de printemps parfaite où les courbes s’enchainent en douceur et sans fatigue !
Nous attendons au pied du couloir que le vallon prenne le soleil pour continuer notre descente sur une si belle moquette de printemps !

Merci à Dynastar, Grivel France
Rémy Lécluse


Torre di Lavina 3308 mètres le 24 Mars 2011 par Rémy Lécluse
Descentes à ski de la face S directe (1ère) 5.4 E4 700m (max 50°/55° soutenus) et du couloir de la « Petite face S » (1ère ???) 4.3 E2 500m

Au cours de mes trajets assez fréquents à travers le Piémont, j’avais remarqué un sommet isolé qui domine le Canavese et dont la face Sud a fière allure. Dans les « cent plus belles » du Grand Paradis, j’identifiais la belle : Torre di Lavina.
D’après Gian Carlo Grassi, elle avait connu son heure de gloire grâce à ses itinéraires rocheux mais trop isolée et éloignée, la belle était passée de mode, tombée dans l’oubli.
C’est ainsi qu’un petit matin de l’hiver 2010, je remontai le sentier du Vallone di Lavina en compagnie de biches, chevreuils et chamois par dizaines. Le gel était bon, l’enneigement tout à fait correct et au petit jour, je troquais mes peaux de phoques pour piolets et crampons.
Là, à une centaine de mètres du sommet, une barre rocheuse totalement lisse arrêtait ma progression…
Je tente le coup en artif à droite dans une vague fissure, après trois pitons approximatifs, je jette l’éponge : je sens la « grosse connerie » venir, si je déboutonne les points, je pars pour une chute de six cent mètres avec une barre de cent mètres de haut dans la trajectoire !

Je chausse les skis au pied de la barre, un champ de neige bien raide (plus de 50°) m’amène en haut d’une partie mixte à 65°/70° : petit rappel de 25 mètres sur Abalakov suivi par une vingtaine de mètres moins raides où je dérape avec le piolet à la main. Ensuite du beau, du grand ski raide entre les cailloux avec un crochet à droite pour éviter la barre finale. Le cœur lourd et profondément déçu, je descends vers Forzo où est garée ma voiture : j’ai skié la partie difficile de la face mais sans partir du sommet. Je dois revenir !
Deuxième tentative, arrivé dans le haut du vallon, je découvre la face : il n’y a plus de neige ! Je me promets de revenir dès que possible.
Hiver 2010, il a pas mal neigé en Italie et à deux reprises je viens repérer la face, une première fois l’enneigement est trop faible, la seconde tout à l’air bien. Sur les montagnes alentour, il est facile de voir que la neige s’est transformée. Le risque d’avalanche a dégringolé de 4 à 2 en quelques jours.
Puisque la belle n’a pas voulu de moi par la porte d’entrée je passe par la fenêtre ! Je fais le tour par ce qui ressemble à une voie normale. Jusqu’à deux cent mètres sous le sommet : tout va pour le mieux.
La pente finale pour accéder au sommet est une partie de natation : un pas en avant, trois en arrière ; il me faudra plus de deux heures pour en sortir. La neige sur ce versant Est n’a pas transformée du tout et la pente n’est qu’une grosse accumulation : le spectre du renoncement n’est pas loin!
Bien que la neige soit encore ferme, j’attaque assez vite la descente : le gel n’est pas monstrueux et je souhaite trouver une neige assez ferme pour faire un bon corps mort…
Bien que dure, la neige est sécurisante et les skis accrochent très bien sur cette surface. Très vite je suis au sommet de la barre qui m’a contraint à la retraite l’an passé. C’est une petite cascade de glace de quatre mètres, je fais un Abalakov sec et le tour est joué. Le champ bien raide de nouveau et là, encore un Abalakov sec et le tour est joué. Au sommet de la grande barre rocheuse terminale : clignotant à gauche, j’ai repéré que la sortie est meilleure de ce coté-là.
Au pied de la face, c’est le bonheur ! Mais il est encore tôt et j’ai un moral d’enfer… A droite de la face, il y a un joli couloir encaissé dans une sorte de dièdre.
Je traverse vers celui-ci et sans mettre les crampons, je le gravis sur la pointe des pieds !
Un peu amorti, je passe la corniche : j’ai 2700 mètres de montée dans les pattes.
Dix minutes plus tard, j’ai fini la descente de ce très joli couloir; la pente n’est jamais très raide (40/45°) et la neige est de la meilleure qualité possible.
Je finis mon « voyage » en skiant au milieu des chamois dans les alpages de Lavina.
Merci à Dynastar, Grivel France.
Rémy Lécluse

Rémy le 06 janvier 2011
Tous mes vœux pour cette nouvelle année !

Que la neige tombe en quantité et qualité afin de nous assurer de belles journées de glisse !!!
En Décembre 2011, si la neige est tombée en quantité en altitude, la nature s’est montré un peu pingre en bas.
Néanmoins, les fortes précipitations côté italien du massif du Mont Blanc ont permis un démarrage en fanfare de la saison de free ride.

Les forêts et les combes de Courmayeur nous ont déjà offert de belles journées de neige fraîche. Les couloirs d’Helbronner ont été assez vite en condition et ce fut l’occasion de se remettre en douceur dans le raide.

Les glaciers assez bien bouchés en altitude ont permis de belles journées dans la Noire, les différents itinéraires de l’Envers du Plan. Toutefois les ponts de neige fins demandent de l’attention voire de la méfiance.

« Last but not least », le couloir des Cosmiques est en bonne condition alors que la pente supérieure du Glacier Rond est une grande plaque de glace grise et sinistre. Le glacier des Bossons passe assez bien mais il faut sortir la corde : les ponts sont très fins à cette altitude.
L’anticyclone est partit : de nouvelles perturbations vont peut être renouveler le miracle de la neige.