*** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** *** ****** *** *** ***
![]() |
G |
Je suis un skieur et un alpiniste, au sens du Larousse 1922 : « touriste qui aime les montagnes ». Je vis, je pense, je respire ski de montagne. Depuis vingt huit ans, la découverte de nouvelles pentes raides à travers les montagnes du monde est mon leitmotiv. Des Alpes à l’Himalaya, en passant par la Norvège, les Andes, le Haut-Atlas, la recherche de belles lignes raides et engagées à skier est mon quotidien. Cette pratique est pour moi synonyme de la plus belle des libertés : être seul en montagne ! Installé dans la vallée de Chamonix, je partage cette passion depuis vingt trois années en tant que guide de haute montagne. Depuis vingt ans je suis un « aficionado » des outils Grivel et membre de l’équipe depuis huit ans : ils ont toujours été des « compagnons » fidèles et efficaces de mes virées à skis. (Site de Rémy) |
| Le Manaslu est le huitième plus haut sommet du monde : août 2012 Rémy Lecluse au Manaslu, 8ème plus haut sommet du monde, au jour le jour … 04/09/2012 ; 06/09/2012 ; 12/09/2012 ; 13/09/2012 ; 17/09/2012 ; 19/09/2012
21/09/2012
Valle di Cogne- La Grivola 3969 m – Mai 2012 Type d’itinéraire Bibliographie |
|
|
Description de l’itinéraire Notes sur la descente et sur le parcours |
|
| Deux heures du mat’, le réveil sonne bien trop tôt ! Le regel de la neige est excellent, après quatre heures de peaux, nous passons la rimaye au lever du soleil. La face nous semble en condition bien qu’un peu « maigre » en neige, il va falloir « gratouiller » un peu le caillou avec les skis sur quelques passages. Pendant l’ascension, nous traversons l’éperon central qui divise la face en deux couloirs, la traversée facile à pieds, sera probablement plus délicate à skis. Vers neuf heures nous chaussons nos skis et attaquons la descente. Boris et moi, nous nous photographions mutuellement, enfin surtout Boris! Il a la lourde charge de faire un « reportage » photo et ce n’est pas simple de devoir se concentrer tour à tour sur les images et le ski, ce qu’il réussit à merveille. Le petit vent bien frais de NE ne permet pas un bon dégel de la neige et c’est sur une surface bien ferme que nous bouclons nos virages. Le saupoudrage de neige (un demi-centimètre) permet une bonne accroche. A la descente, je recherche un passage plus facile que celui emprunté à la montée pour traverser l’éperon qui divise la face en deux. C’est chose faite assez rapidement : une vague rampe, nous permet de traverser d’une pente à l’autre en douceur ! Malheureusement, nous rappelons sur la corde un petit étranglement dans les rochers du bas, cinq mètres tout au plus. |
![]() |
| Une petite remontée en peaux nous permet d’accéder à la descente de la Rossa qui nous amène au refuge Vittorio Sella. La neige de printemps est simplement parfaite : un régal. En rédigeant ce compte rendu, j’apprends que mon ami Davide Capozzi en snowboard accompagné à skis par Luca Rolli et Francesco Civra Dano, le même jour à la même heure, a descendu la face NE de la Grivola, ce qui est aussi une première! Merci à Adidas Eyewear, Arc’teryx, Dynastar, Grivel et Scarpa |
|
| Piz Scerscen 3971m, Alpes Réthiques, Massif de la Bernina Première descente à skis du couloir Sud Ouest le 29 Mai 2011 par Rémy Lécluse. 800 mètres 5.3 (5.4 ?) E4 45/50° soutenus avec une grande exposition, une main courante de 4/5 mètres pour franchir un ressaut mixte à la descente. Ambiance d’enfer ! Ce couloir est un peu caché, je l’avais découvert lors d’une traversée du Massif de la Bernina. L’accès est toujours un peu long et détourné. Depuis la cabane Coaz en Engadine, c’est plat et interminable, depuis Campo Moro dans le Valmalenco, c’est un parcours en montagnes russes et un accès difficilement fréquentable avec de la neige sur certaines portions du chemin. Course typique de fin de saison où il faut accepter de porter un peu lourd. Seul au rifugio Marinelli i Bombardieri 2813 m, je m’offre le luxe d’un diner en terrasse au soleil couchant ! Grasse mat, vu l’orientation de la « bête », je ne suis pas trop stressé par l’horaire … A 9 heures, je suis sous le sommet du Piz Scerscen, à 3940 m, les derniers 30 mètres sont une arête rocheuse, peu propice au ski. Un petit vent du N me chasse, je commence à skier l’arête coté Sud, petite neige plaquée par le vent. Je suis un peu tendu : une petite plaque qui vous part dans les pates et c’est un joli saut de 800 mètres … Au sommet du couloir, j’attends 2 bonnes heures que cela ramollisse un peu tout en profitant d’une belle vue sur la face Nord du Piz rozeg où est mort Heini Holzer (pionnier de la pente raide). J’attaque le ski vers 11h30 sur de la neige bien béton mais les rochers qui dominent en rive droite, sont plein Sud : le dégel a commencé son travail, boules de neiges et glaçons bombardent régulièrement le couloir Sud Ouest. Le fond du couloir est impraticable : une jolie goulotte bien glacée est formée par les coulées de neige des jours passés. Il faut skier les contrepentes, ca tourne dans du bon 50° soutenu avec quelques passages plus raides. J’alterne le ski sur la rive gauche où la neige est « béton » et la rive droite où la neige commence à revenir en surface. La traversée de la goulotte est parfois assez tactique : il faut gérer la glace et les chutes de glaçons et de neige qui la parcourent. |
|
| Le passage clé est un petit ressaut mixte, à la montée, j’ai planté un piton et à la descente : je pose une petite main courante de 4/5 mètres afin de me protéger dans le passage en glace et rocher. La neige devient plus douce à skier en perdant de l’altitude : le soleil a travaillé plus longtemps sur la surface. La dernière grande pente est avalée en quelques grandes courbes bien décontractées. Il me faudra 3 heures pour rejoindre ma voiture, avec le cumul de montées /descentes : je déchausse mes skis à 2300m d’altitude après 1700 mètres de grand ski et la tête dans un joli petit nuage! Je viens de réaliser une toute belle descente ! Rémy Lécluse Merci à Dynastar et Grivel France. |
|














